Pour Corinne Lepeytre, le paysage urbain est un terrain de prédilection, et principalement Paris, parce que c’est là que sont ses racines. Grâce à une grande maîtrise de l’aquatinte, elle promène un regard curieux et érudit à travers la ville ; elle nous révèle parfois les faces cachées et surtout l’âme des lieux, mystérieuse ou énigmatique. Avec Corinne comme guide, du détail au plan large, à la lumière vive du jour ou dans la pénombre de la nuit, nous découvrons les strates de l’Histoire, les empreintes et traces que les humains ont laissées sur les murs de la ville aux multiples facettes. Elle dit devoir son goût pour la gravure à la rencontre des estampes de Piranèse, Canaletto et Desmazières.

Corinne pratique la gravure à l’aquatinte sur zinc ou cuivre. La plupart de ses épreuves sont monochromes, à l’encre noire sur papier chiffon et à bords perdus. Elle travaille par séries (Les toits de Paris, les passages parisiens, les fenêtres sur Paris…). Ses créations se posent en échos des images d’antan. Sa « vision » de Paris repose essentiellement sur la découverte des photographies de Atget et Marville. Elle ne cesse de sillonner la capitale pour retrouver ces images. Et en faire vivre de nouvelles.
Corinne Lepeytre est née en juillet 1968. Elle vit et travaille à Paris, adresse de son atelier.
De 2012 à 2023, elle suit les ateliers de Francis Capdeboscq. Elle participe à de nombreuses manifestations expositions collectives de l’estampe. Elle en assure parfois l’organisation.
Elle est représentée par les galeries Martinez Fleurot (97 rue de Seine, Paris 6e), Christian Collin (11 rue Rameau, Paris 2e) et la Galerie Saint-Michel (17 quai saint-Michel, Paris 5e ).

La démarche artistique de Corinne Lepeytre traverse la ville dans l’instant présent, sous forme « d’archéologie urbaine » : son regard cherche ce que racontent aujourd’hui le tracé des plans, les murs, les fissures… À la recherche d’une histoire cachée dans les strates de la ville, d’une mémoire urbaine qui se mêle à sa propre mémoire, le paysage urbain apparaît comme un terrain de fouille.
Travailler le zinc c’est correspondre avec ces toits qui confèrent une lumière et une couleur si singulières à Paris, lumière et couleur que l’on retrouve dans toute son œuvre. Dans son trait, elle ne cache pas l’influence d’un Jacques Tardi dont la Géographie parisienne lui est si familière. L’aquatinte en est son révélateur : la sensibilité de son grain est l’interprète idéal de la fragilité de la ville, de son oscillation perpétuelle. Dans l’acide, à l’abri de son regard, le zinc prend parfois une liberté et livre ses accidents. Étonnement bienvenu qu’elle aime retrouver en sillonnant Paris.
